Aujourd'hui, j'aimerais vous dire que tout va bien mais je ne vous mentirai pas. Ma vie ne ressemble à rien, j'ai tout perdu. Ma maison, mes anciens amis, mes repères, ma force, ma volonté et j'en passe. Ma vie est un fiasco, ma vie détudiante ne rime à rien. Je vais mal et tous les jours je m'enfonce un peu plus dans le cercle vicieux de mes angoisses. J'ai l'impression d'avoir à nouveau 14 ans. Je n'accepte pas ma vie d'adulte, je n'accepte pas le changement, je veux tout simplement retourner chez moi, prendre le bus tous les matins, retrouver ma Terminale 18, ma Première 14 ou ma Seconde 11, retrouver les gens que j'aime, les couloirs bondés, la queue de la cantine, les plats pas mangeables qui vont avec, les profs qui sont malgré tout présents pour toi, des cours qui veulent dire quelque chose, des rires et des sourires sincères, des délires et encore des délires, les pions qui t'engueulent parce que tu utilise ton portable dans les couloirs, les heures volées sur un banc dans la cours ou chez Dosda ... La Bonne Au', les heures de 16h à 17h sous le préau C alors qu'il fait - 19 °C, attendre un de ses sourires dans la file de la cantine, rire et avoir la force de continuer. Parce qu'aujourd'hui, je n'ai plus la force de continuer. Je suis fatigué de ma vie, je suis épuisé de mon quotidien. Tout m'agresse, je me sens attaqué de partout, je n'ai plus envie de ma battre, je voudrais juste me laisser couler et me laisser aller. Traitez-moi de gamin ou de tout ce que vous voulez plus rien ne m'importe, ma vie actuelle ne me convient pas. La P1 non plus, cette Fac non plus. Je suis fatigué de tout ça, je suis fatigué aussi du mal que je fais subir aux autres. Je ne peux plus me regarder dans une glace sans ressentir des remords. Je ne peux plus voir mes joues se creuser jour après jour, je ne peux pas accepter le fait de passer 2h à manger une assiette comme il y a 3 ans. Mes anciens démons reviennent plus forts que jamais, et ça me fait souffrir à un point terrible. J'ai eu mon Bac avec 17.55 de moyenne générale, je ne suis pas capable de partir de chez moi. Je souffre, je ne veux plus y retourner. J'accumule un retard scolaire que je n'ai jamais accumulé, je ne vois plus mes cours, je ne révise plus. Je n'en est plus le temps. Je passe mes journées à me battre contre mes attaques de panique qui surviennent en amphi maintenant. Sur les 380 élèves de ma promo, tout le monde connait Aurélien Amico, le fragile qui sort de cours 3 fois par semaine. J'ai une boule au fond de mon ventre et personne ne cherche à comprendre ce qu'il m'arrive. Je suis déçu de moi-même, de cet avenir tout flambant neuf qu'on me promettait et qui ne rime à rien. Je ne veux pas d'avenir, je préfère m'empoisonner avec mon passé. En surface il faut avoir l'air posé et calme mais en réalité je ne suis pas posé et calme, je suis en train de détruire tout ce qui m'entoure moi-même compris. Je suis entouré mais seul, la surveillante de mon amphi commence à me connaître par coeur à force ... Je patauge totalement et je sais que je suis immatûre, je sais que je devrais revoir le positif et la lumère mais ça fait 1 mois que je ne fais que sentir la noiceur des ténèbres qui m'engloutissent. J'aimerais m'envoler partir, me sentir libre de toutes ces contraintes mais mes pieds sont collés avec de la superglue par terre. Je ne me reconnais pas, je ne me reconnais plus. Je ne sais plus qui je suis et peut-être vaut-il mieux que je ne le sache pas. Je m'isole des autres alors que je suis quelqu'un de naturellement sociable, j'attends que mes heures de cours se finissent alors que j'ai toujours été quelqu'un qui ne voyait pas le temps passer en cours ... Quand j'ai l'impression de reprendre le contrôle, tout me quitte à nouveau et je fais 3 pas en arrière. Aujourd'hui, c'est fini, j'attends patiemment avec mes souvenirs en tête et mes espérances que les choses s'arrangent parce qu'elles finissent toujours par s'arranger. Aujourd'hui, j'attends de pouvoir à nouveau redémarrer de 0. J'attends le moment où mes rires sonneront juste. Vous penez peut-être que j'exagère, je sais que pas mal de ceux qui vont apprendre ma chute vont se frotter les mains mais je m'en fiche aujourd'hui, plus rien ne m'importe à part la recherche d'un nouveau bonheur.
J'aimerais vous dire que tout va bien, je ne mentirai pas ... Non, je ne mentirai pas ...